Imprimer

Vote du Rapport sur la lutte contre les filières djihadistes

La Commission d’enquête sur les filières djihadistes, dont je suis membre, a adopté aujourd’hui, mardi 2 juin 2015, son rapport final.
Avant tout, je souhaite préciser que je regrette la publication dans les organes de presse du contenu du rapport avant même le vote et son adoption par notre Commission. Cela démontre, une fois de plus, les dysfonctionnements de cette démocratie médiatico-politique.
Ce rapport est le fruit d’un travail de longue haleine, depuis 6 mois, avec les auditions de nombre de personnalités, experts, universitaires, sur la question de la radicalisation terroriste et les moyens de la combattre.
Adopté dans un large consensus, il entend développer un arsenal parlementaire et législatif antiterroriste important sans pour autant apporter une réponse exclusivement sécuritaire.
Parmi les mesures proposées, nous souhaitons ainsi lutter contre la radicalisation en prison. Celle-ci est en effet le point de départ de nombreux parcours terroristes qui pourraient être empêchés. Serait ainsi envisagée une réflexion sur les critères de regroupement ou d’isolement des détenus radicalisés en milieu carcéral, ainsi que l’approfondissement des services de renseignement pénitentiaire.
Nous suggérons également de renforcer les services d’enquête en matière terroriste, en doublant les effectifs des policiers enquêteurs spécialisés dans la lutte antiterroriste, et en assouplissant la compétence naturelle des juridictions parisiennes pour permettre à des juridictions interrégionales (Marseille, Lyon) de se saisir aussi d’infractions terroristes.
Le contrôle aux frontières doit aussi être un élément à prendre en compte. Nous demandons la création d’un fichier des données passagers (PNR - Passenger Name Record) au niveau européen, le rétablissement de l’autorisation de sortie du territoire pour les mineurs et un contrôle des passeports pour les ressortissants de l’espace Schengen venant d’un pays tiers.
Enfin, nous souhaitons accentuer la mise en œuvre d’un contre-discours à la propagande djihadiste, notamment sur internet, et développer des centres d’accueil pour les jeunes repentis de retour des zones de combat. Je salue ainsi la proposition de mon collègue du Gard, Christophe Cavard, qui instaure un réseau national de travailleurs sociaux formés à la détection et prévention du phénomène djihadiste en France.
La lutte contre le terrorisme est un combat de long terme. Il demande des solutions diverses à un sujet protéiforme, complexe et multidimensionnel qui touche au cœur de notre société ainsi que de nos identités.
Soulignons cependant que la dimension internationale explique en large partie l’explosion de la radicalisation et que la France, selon moi, doit mesurer toutes les conséquences de ses choix en matière de politique étrangère.
In fine, sur ce dernier point, ce rapport prend insuffisamment en compte cette dimension même si, par ailleurs, il propose des mesures applicables rapidement qui sont des esquisses de solution pour lutter efficacement contre ces filières djihadistes.
Toutes les informations sur la Commission et le rapport sont à retrouver ici :

http://www2.assemblee-nationale.fr/14/commissions-d-enquete/surveillance-des-filieres-et-des-individus-djihadistes

alt